Deux versions d'une Médée contemporaine

 

PERSONNAGES

 

Médée

Jason

Samila sœur de Médée

Babou mère de Médée

Créon chimiste

Anita fille de Créon

Le dealer

Le policier

La policière

La concierge

 

 

Le propos de la pièce

Acte 1

Jason déclare son amour à Médée.

Médée lui répond mais sa mère Babou ne consentira pas à leur union.

Elle veut que ses filles restent auprès d’elle pour subvenir à ses besoins : pour cela, elle les oblige à vendre de la drogue.

Médée se confie à sa sœur Samila : celle-ci dénonce leur mère à la police. Babou est emprisonnée. Médée peut ainsi s’enfuir avec Jason.

 

Acte 2

Créon est un petit chef chimiste (ou guérisseur ?). Il a inventé un produit miracle qui rend doux : la créatone. Il règne sur son territoire.

Il accueille Jason, Médée et leur enfant et leur propose d’être des cobayes pour ses recherches.

Médée est la seule qui refuse ce produit.

Sous l’effet de la créatone, Jason succombe au charme d’Anita , fille de Créon.

Créon chasse Médée.

Médée jure de se venger..

 

Acte 3

Médée fait appel à un dealer. Elle revient, déguisée et organise une rave-party.

Elle fait absorber une mégadose de drogue à Anita. Créon, accusé par Jason se pend.

Jason drogué se laisse attacher et assiste impuissant à la défenestration de son enfant par Médée.

Rebondissements divers.

 

Deux versions : 2 dénouements différents...

 Deal dans la cité (comédie anodine)

Médée rimée  (façon tragédie)

 

Deal dans la cité

 

 

ACTE I

 Un square, ambiance tombée de nuit. Jason : seul. Il suffit parfois d’un minuscule contact pour éclairer le monde. Un doigt .Déclic révélateur. Révélateur de la beauté. Electrique connexion. Doux visage aux yeux brillants : ton regard m’entraîne à jouir du son de ta voix à la pâte d’amande parfumée. Et moi, je plonge dans les subtils découverts de drapés de robe, entièrement éthérés et terriblement charnels. Encore, ce corps ! Décidément, parfois, il suffit d’un doigt pour donner à la vie qui passe le parfum d’un pétale de rose qui volette jusqu’au gazon, pour subvertir l’insupportable tic-tac des obligations minutées.

 

Médée : entre et l’écoute De quel doigt parles-tu ?

Jason : Tu ... il y a longtemps que tu es ici ?

Médée : Juste une minute. Ta chansonnette, là, c’est quoi?

Jason : Médée !

Médée : Jason ?

Jason : Ce que je disais, c’est que ... depuis  hier soir dans ce cinéma, je ne pense plus qu’à ça.

Médée : Quoi ça ?

Jason : Laisse-moi encore caresser ta nuque, donne-moi le creux de ton coude à boire, je veux me noyer dans ta voix : dis-moi la météo marine !

Médée : Hé tu vas trop vite, je ne suis pas encore engagée à la radio ! Et je crois que j’aimerais mieux dire autre chose que ce truc-là. Par exemple des dramatiques, tiens : « elle était suspendue par les pieds au dessus du précipice et les crocodiles, paresseusement sillonnaient les eaux noires du marigot... » raconter des histoires horribles,  frisson garanti .

Jason : Dramatique, tu as raison : c’est dramatique de ne pas pouvoir t ‘embrasser sans cesse : je crois bien que je ne pourrai plus m’en passer, même une minute. C’est décidé, je t’emmène.

Médée : Tu oublies ma mère.

Jason : Hélas !

Médée : Donne la papatte ! Jeux divers: elle le domine assez nettement.

Jason : Je ferai toujours ce que tu veux!

Médée : Tache de bien t’en souvenir, sinon...

Jason : Sinon?

Médée : Je crois que je deviendrais capable de....

Jason : De me découper en morceaux... « frissons garantis »?

Médée : Peut-être pire que ça: mon imagination n’a pas de bornes.

Ils s’embrassent sauvagement et Samila entre, les regarde et s’installe comme pour un film. Médée ouvre l’œil et la voit, s’arrache, poursuit sa sœur en la battant.

Samila : Hé ! arrête ! parodiant Médée donne ta main ! Oh je meurs d’amour...

Médée : Sale voyeuse ! Tu ferais mieux de t’occuper de tes affaires.

Samila : Je m’occupe de mes affaires, mais si quand je veux te dire un truc important tu te fais reluire le plateau, je ne peux pas faire autrement que regarder si ça brille !

Médée : Qu’est-ce que tu voulais me dire ?

Samila : Pas devant lui.

Jason : J’allais justement courir à la gare : je dois réserver. ... combien de places ?

Médée : Pitié ! attends encore... deux jours ! deux petites journées, c’est le minimum de temps dont j’ai besoin pour convaincre Babou !

Jason sort

Samila : Tu auras peut-être besoin de plus de deux jours pour en venir à bout de notre Babou. Elle nous veut près d’elle toutes les deux et pour longtemps.

Médée : Pourquoi tu dis ça ?

Samila : Ecoute, c’est pour t’en parler que je suis venue. J’étais à la maison quand ce type, tu sais le gros motard ...  oui, il est revenu. Et ils ont cru que je n’étais pas là : d’habitude le mardi je rentre tard, et là j’étais couchée avec une vieille migraine. Ils se sont entendus : il lui refile l’appartement à condition que toi et moi on revende sa petite came.

Médée : Elle recommence. J’avais pourtant dit que je ne voudrais jamais plus toucher à ce ...

Samila : Elle s’en fout : ce qu’elle veut, c’est son petit confort.

Médée : accablée Je ne pourrai plus. Et j’ai envie de partir. Elle pleure.

Samila : Moi aussi, j’en ai plus que marre. Il faut trouver une solution.

Sirène de police. Elles sortent. Fondu.

Même lieu, mais lumière plus forte. Babou pousse  un caddie.

Babou : Les petites salopes. Vingt ans que je me déglingue pour leur donner. Je décroche ce gentil commerce. Pour elles ! Me laisseraient quimper comme un vieux pneu ! Garces ! La fine bouche elles font. Peur de tout, elles ont ! Poil dans la main, oui ! et mon appart’, qui voudra casquer ? Hein ! qui ? ... jamais je ne retourne en bas. Un couple entre Savent pas. Les enfoirées de petites putes de merde ! Ils l’encadrent Mais je saurai les foutre au pas moi. Et c’est avec ça qu’elles vont causer (agite une canne). Et toutes les deux encore. Pas peur moi. Là dessous, on sait le respect. Va t’en foutre moi..

Le policier : Madame, je vais vous demander de me montrer le contenu de votre caddie.

Babou : Dites vous rêvez là ! allez vous faire...

La policière : Police ! ouvrez votre sac !

Le policier : Et pas de grabuge s’il vous plaît.

Babou : Flics ? Et moi, je suis Manuel Gomez  Sanchez de tes couilles ! Olé !

Elle tente une sortie, se fait maîtriser dans une scène de corrida avec le caddie.

 

Jason assiste à la fin de la scène. Médée entre.

Jason : Je l’ai vu, de mes yeux vu.

Médée : Qu’est-ce que tu as vu?... ça doit être bien troublant, tu ne m’as même pas regardée. (elle est très provoquante)

Jason : Ta mère.

Médée : Laisse: on y pensera demain. Il nous reste un jour pour trouver une solution.

Jason : Non : je l’ai vue, là il y a une minute.

Médée : Quoi ? ici ?

Jason : Oui. Elle vient de se faire arrêter.

Médée : Comment çà arrêter ?

Jason : Deux flics des stups, je les connais, ils l’ont trouvée avec le caddie. Un patacaisse ! Tu aurais vu. Etonnant de la part de ta mère de se faire coincer comme ça.

Médée : Samila ! je l’ai vue hier soir parler avec le vieux poulet. Il faut la retrouver. Elle a fait ça pour nous.

Jason : Non :  pas seulement. Je crois qu’elle avait sa dose, elle aussi.

Médée : Mais c’est...

Jason : Dégueulasse, oui et elle, ce qu’elle vous obligeait à faire, c’était comment?

Médée : se tait

Jason : Viens : le T.G.V. part dans vingt minutes.

Ils sortent en courant

 

 

ACTE II

 

Un laboratoire. Etagère et paillasse avec flacons et ordinateur. Créon écrit. La concierge entre avec une enveloppe.

Créon : Posez ici.

La concierge : Monsieur le doyen, faut que je.

Créon : Quoi?

La concierge : Il y a une..

Créon : Posez ça j’ai dit.

La concierge : Monsieur...

Créon : Oh merde! Qu’est-ce qu’il y a encore ?

La concierge : Un étudiant à vous qui voudrait vous parler.

Créon : Pas le temps. Envoyez le à mon assistante.

La concierge : Il insiste et il est pas tout seul.

Créon : Pas tout seul?

La concierge : Non Monsieur, ils sont trois. L’homme, la femme et le bébé.

Créon : Un bébé  : manquait plus que ça ! c’est pas le bureau d’accueil ici ! ni la crèche. Il regarde son ordinateur, manipule ses éprouvettes. La concierge attend. Qu’est-ce qu’ils veulent?

La concierge : vous voir Monsieur.

Créon : Envoyez les se faire foutre!

La concierge sort et Créon reprend ses manipulations.

Créon : Je suis sûr. Cent pour cent. Alcide comment tu vas? et toi Frankenstein ?  Mes gros rats d’égout sont devenus doux comme des écureuils ! Cléo, ma petite vipère à cornes : elle se laisse caresser le museau. Il retourne à l’ordinateur Sultan qui lèche les doigts du facteur depuis que je lui en donne. Je la tiens enfin cette merveille. La paix du monde. La paix et le plaisir. Hein Josette ! ma parole elle baise toutes ses copines: c’est la partouse chez les tortues. Même la concierge pourrait devenir sexy avec ça ! Douze ans de peine enfin récompensées. Douze longues année à trimer pour devenir le chef incontesté de ce foutu campus. Verrons tous. Il me reste à la tester chez l’homme. Moi d’abord ? C’est mon devoir.

Il avale une pilule bleue.

Créon : Ah ... il ne se passe rien.

La concierge revient très timidement.

La concierge : Monsieur...

Créon : Hum?

La concierge : Ils veulent vraiment vous voir vous, en personne qu’il a dit.

Créon : Bien... O.K. ...  (il semble un peu perdu, changé: son arrogance dominatrice a disparu) faites entrer.

La concierge ressort et fait entrer Médée et Jason qui porte un bébé.

Créon : Madame, Monsieur, vous vouliez...

Médée : Mon mari a été votre étudiant.

Créon : Ah ? Il se pourrait, en effet, quelle année ? Je n’ai pas la mémoire des ...

Jason : J’ai travaillé avec vous sur les substances psychotropes. Et vous m’avez fait rédiger un mémoire sur les drogues douces.

Créon : Oui ! je me souviens  : Jason ? c’est ça hein !

Jason : Exactement. Je suis content que vous...

Médée : Et moi, je n’ai pas fait d’études longues, mais je sais me servir de ça (l’ordinateur).

Jason : Laisse moi d’abord expliquer au professeur.

Créon : Vous ... oui, que voulez-vous au juste ? en dehors du fait que je sois bien content de vous revoir, et de faire connaissance avec...

Médée : Médée.

Jason : Nous cherchons un emploi. Je ne connais que vous ici. J’ai pensé ... J’étais un bon chimiste.

Créon : En principe, il n’y a plus de poste libre, mais... accepteriez vous de diriger une série de tests pour un produit nouveau?

Jason : Avec joie ! Dites moi ce que je devrai faire.

Créon : Asseyez-vous. Vous aussi Médée. Je peux vous appeler Médée n’est-ce pas? Moi, c’est Créon. Il appelle la concierge

Créon : Appelez Anita, dites-lui que je l’attends. Oui, tout de suite. à Jason: c’est ma fille. Voilà, je voudrais que vous vous occupiez de ceci. Il montre le flacon de pilules bleues. C’est mon bébé à moi. La Créatone. (oui, Créon, créatone, vous voyez ... ) Une molécule que j’ai conçue pour le bien de l’humanité. Elle rend doux. Et aimable. Vous saisissez? Je l’ai testée sur les animaux, mais il me faut des volontaires pour connaître ses effets sur l’homme. Vous mesurez l’ampleur de la découverte! plus de bagarres, plus de meurtres, plus de méchanceté, l’amour aux postes de commandes ! et tout cela, grâce à MA créatone. Vous acceptez n’est-ce pas? Vous allez essayer sur vous, sur votre famille. Ma fille va se joindre à votre équipe. Je réponds d’elle. Bien entendu, secret absolu tant que nous ne sommes pas tout à fait certains. Mais j’ai confiance. Vous allez devenir mes bras droits. Je vous aime ! il les étreints, les embrasse avec fougue. Médée est assez réservée. Elle saisit un autre flacon rempli de pilules rouges.

Médée : Et celles-ci, c’est quoi?

Créon : Malheureuse! attention, celles-ci vous tueraient. Un essai raté. J’ai tenté le coup sur le chat. Il faut dire que c’était déjà un animal très doux. Mort en trois minutes. Anita a beaucoup pleuré. entrée d’Anita Mais justement, la voici. Ma chérie, je te présente Jason, Médée, et ...

Jason : Pierrot. Il s’appelle Pierre, mais on dit Pierrot. Il a trois mois.

Créon : Voilà, je viens de les engager pour le protocole d’essai de ma créatone. Et tu vas les aider, je compte sur toi.

Anita : Avec plaisir. Moi, c’est Anita.

Créon : Bon, je dois aller vérifier la chaîne de production de créatone, je vous laisse.

Créon sort.

Anita : Vous êtes biochimiste ?

Jason : Chimiste. ... et ma femme est ...

Médée : Comédienne.

Jason : Mais...

Médée : Oui et je ne crois pas pouvoir vous être très utile. En tous cas, je ne prendrai pas ce truc. J’ai bien trop peur d’être transformée en grenouille.

Anita : Oh, mais c’est un peu ennuyeux, je crois que mon père souhaitait vraiment que nous soyons tous concerné par ce test.

Jason : Allons, Médée, ce n’est pas sérieux ?

Médée : Tout ce qu’il y a de sérieux. Et je te rappelle que tu m’as promis une place à la radio.

Jason : Mais tu as vu toi-même combien c’est difficile. Nous y sommes allés ensemble. Et tu as entendu Créon : il a besoin de nous tous. Rends-toi compte : la science se souviendra de nous. La pilule de la paix, de l’amour, de la fraternité entre les hommes. D’un seul coup effacer des siècles de sauvagerie. Des siècles ! qu’est-ce que je raconte : des millénaires de saloperie animale. Reste ici, je t’en prie.

Médée : Mais je ne pars pas. Je te dis simplement que je ne veux pas m’embarquer dans cette galère de pilule. Je te retrouverai tous les soirs quand tu rentreras. Donne-moi ton fils : il ne pourrait que te gêner.

Elle prend le bébé et sort.

 

Anita : Tant pis. On ne peut pas la forcer.

Jason : J’aurais aimé...

Anita : Quoi ? qu’elle soit soumise à votre désir ? Je ne suis pas aveugle : ce serait plutôt vous qui l’êtes soumis !

Jason : Non mais dites ! je trouve que vous poussez un peu. Si on doit travailler ensemble, il nous faut un minimum de réserve. Hein ? un peu de tenue, quoi, de classe.

Anita : De classe ? tiens vous trouvez que...

Jason : Attendez, pas de... ce n’est pas ce que... je vous trouve très bien, mais vous avez dit... oh et puis ça suffit. Marre de ce truc. Un long silence au cours duquel ils se surveillent du coin de l’œil. Cessez de me regarder comme ça !

Anita : Je ne vous regarde pas. C’est vous qui ... tiens : vous n’arrêtez pas de loucher sur mes jambes.

Jason : Moi ! c’est trop fort. On se connaît à peine et vous balancez des vannes que je n’oserais pas envoyer à des amis intimes. Quel culot ! Et puis, dites-moi, qu’est-ce qu’il fait votre père ?

Entrée de Créon.

Créon : Il se décarcasse pour vous mon cher. Voici les détails de ce que je vous demande. Ce texte donne le mode d’emploi du produit. Celui-ci les observations à faire sur vous, sur elle, sur ... mais on sont passés votre femme et le bébé ?

Jason : Elle ne veut pas devenir cobaye.

Créon : Mais ça ne va pas du tout ! J’ai besoin d’un échantillon représentatif moi. Un couple, un bébé, tout ça est indispensable. Vous devez les retrouver. Allez !

Anita : Inutile : elle nous a fait savoir nettement qu’elle ne voulait rien savoir. Et lui, il la défend.

Créon : Ah ? vous êtes d’accord avec ce genre de caprice ? Ecoutez : si vous tenez à cette place, je vous préviens, il faut faire ce que dis, tout ce que je dis et rien que ce que je dis. Vu ?

Jason : Oui, mais...

Créon : Pas de mais. Bon, on va commencer de suite : prenez ceci. Et toi aussi. Il leur donne à chacun une dose de pilules bleues.

Fondu.

Tous allongés par terre, ambiance très baba. Peace and love.

La concierge : Il y a la dame qui veut parler à Monsieur (désigne Jason tendrement vautré dans les bras d’Anita)

Jason :  Quelle dame ?

Médée : entre furieuse. J’en ai plus qu’assez de poireauter. Ah, je dérange ? Monsieur se repose sur de beaux lauriers à ce que je vois.

Créon :  Dites, vous, on ne vous a pas sonnée ! Continuez Jason. Et enregistrez bien vos impressions.

Médée :  Non mais je rêve ! « continuez Jason » je vais te faire voir, moi ! Elle se précipite avec l’intention manifeste de faire le coup de main.

Créon :  Stop ! vous voyez bien que nous sommes en pleine expérience. Et pour commencer, vous n’avez pas voulu participer. Il est encore temps : vous en prenez ? Médée jette le flacon en l’air (pluie de pilules bleues)

Créon :  Dans ce cas, veuillez sortir, s’il vous plaît. Je vous le demande gentiment. Et ne revenez plus, je serais obligé de faire garder ce lieu par la police.

Médée :  Bon, eh bien j’en ai assez vu pour aujourd’hui.

Elle sort vers la salle. Le noir tombe peu à peu sur scène.

Médée : en avant scèneQu’est-ce qui m’arrive? Mon amour. Pas à moi, non. J’ai vu ce tas de membres. Lui dans cette tenue, cette pose. Hier encore, il me disait nos petits mots ... et là, il se love dans des bras, dans ses bras à elle. Je l’ai prévenu. S’il savait de quoi je suis capable...

Elle téléphone.

Allô... Ici Médée. ... oui, sa fille. Vous me remettez?... J’ai besoin de vos services. ... Pour une fête, disons ...personnalisée, oui.. avec la marchandise en quantité suffisante, ... oui, vous n’avez qu’à envoyer le spécialiste. Il sera payé cash. ... C’est ça, une « rave party »!

Noir

 

ACTE III

Antichambre d’une salle décorée pour fiesta glauque. Musique techno en fond.

Médée se déguise (perruque et lunettes). Elle n’a plus l’enfant.

Arrivée du dealer.

Le dealer : C’est vous qui avez appelé? Vous êtes la fille de Babou ? il la détaille avec méfiance.

Médée : C’est moi. Vous avez ce que j’ai demandé ? C’est de la bonne came?

Le dealer : Oui. Je vous reconnais. Vous savez qu’elle est au trou ? On cherche qui l’a fait tomber. On trouvera. Attention aux doses, hein! c’est de la pure, pour vieux routier averti.

Médée : pas d’inquiétude ! on fournit uniquement ceux qui en ont vraiment besoin.

Le dealer s’en va. Médée verse la drogue dans un shaker, le secoue et entre dans la salle.

Musique, fondu. Jason sort, soutenant Anita.

Anita : Depuis que nous avons bu ce cocktail, je me sens très bizarre. Tu crois que c’est l’effet de la créatone ?

Jason : Je ne crois pas. Chaque fois que j’en ai pris, je me suis senti bien. C’est ce cocktail. Moi aussi, je me sens assez mal. Cette fille est sympa, tu ne trouve pas ?

Anita : Ah ! je te vois flou, mon amour... elle s’évanouit dans ses bras.

Jason : Au secours ! appelez les pompiers ! à l’aide !...

Créon arrive précipitamment, regarde sa fille.

Créon : Dieu ! Elle est morte. Tous les signes d’une overdose. Qu’est-ce que vous lui avez donné ?

Jason : C’est votre oeuvre. Je parie que c’est une effet secondaire de votre pilule ! on va tous y passer !

Créon : Pourquoi dites-vous cela ? Vous-même, vous vous sentez mal ? Moi, je ne ressens rien de plus que la première fois: une sorte de paix profonde. Même la mort ne me fait pas peur. Il pleure sur sa fille Mon enfant ! Que nous arrive-t-il ? A Jason Vous êtes certain que c’est à cause de ma créatone ?

 

Silence de Jason prostré. Créon sort comme un somnambule.

Bruit off: cris d’horreur.

Retour de Médée. Elle attache Jason, enlève ses lunettes et sa perruque.

 

Jason : C’était toi ? Je sentais que tu m’étais familière. Ton parfum, peut-être ... Qu’as-tu mis dans cette boisson ?

Médée : Tu as entendu ? C’est le vieux. Il n’a pas bien supporté ce que tu lui as dit. La mort de sa fille sur la conscience, même avec une pilule bleue, y a pas de miracle. Il vient de se pendre à la balustrade.

Jason : Que veux-tu ? Pourquoi m’attacher ? Une réminiscence ?

Médée : Tu te souviens ? Elle brandit le flacon de pilules rouges.

Jason : Ce sont les pilules qui ont fait mourir le chat. Donne : il ne me reste rien. S’il te plaît. Je veux la rejoindre.

Médée : Es-tu bien sûr qu’il ne te reste rien ?

 

Elle sort et réapparaît avec l’enfant dans ses bras. Elle le berce un moment, et puis elle va le jeter par la fenêtre. Horreur de Jason. Puis Médée avale une poignée de pilules rouges et s’assied. Entrée de Babou avec son caddie, et le bébé.

 

Babou :

Et alors, on s’amuse sans moi ici ? Et qui a jeté ce gosse par la fenêtre ? Heureusement que j’étais dessous : il aurait pu se faire mal.

Le dealer arrive en portant Créon.

Le dealer :

De justesse : je l’ai décroché in extremis. Faut lui faire un bouche à bouche. Vous savez faire ça vous ? Oh merde Babou ! ça c’est une bonne surprise ! Ben dis donc, moi qui pensais que vous en aviez pour 10 ans... C’est pas tout ça, il faut que j’y aille : vous direz à votre fille que j’ai du mettre un peu de farine dans sa dernière livraison. Pas m’en vouloir, en ce moment, j’ai du mal à me procurer la bonne marchandise. Allez, à plus, hein !...

Anita : se réveille et s’étire.

Oh, j’ai du m’endormir dehors, Fait frisquet par ici. Mais qu’est-ce qui se passe ? Mon amour, pourquoi on t’a attaché ? elle détache Jason qui est complètement effaré.

Jason :

Il faut s’occuper de lui : il a voulu se pendre. Il a eu le souffle coupé. Vous savez quoi faire vous ?

Babou : regarde Créon

Mais, c’est qu’il est pas mal... oui, je sais.

Babou fait un bouche à bouche à Créon.

Créon : se réveille en se frottant le cou

Ma cravate ! Oh, qu’est-ce que... ah, je ne me sens pas bien : continuez !

Médée : se précipite sur Créon et le secoue.

Je devrais être morte moi aussi avec vos pilules rouges : espèce de charlatan !

Babou :

Suffit toi, espèce de garce ! va t’asseoir ! Pour une fois que je sauve quelqu’un, tu ne vas pas me l’abîmer !

Créon :

Ah, oui, les rouges... finalement, je crois que le chat venait d’avaler de la mort aux rats : j’ai tenté de le sauver avec ça, et comme ça n’a pas marché, dans le doute... Le doute : y a que ça de vrai ! pas vrai ?

Noir.

 ChoquéConfusChuchoteGrand sourireBisouCoolOh là là !SauvageSauvageSauvageSauvageHa haHa haHa ha{#smileys123.tonqueout}{#smileys123.tonqueout}{#smileys123.tonqueout}CourCourCourCourAime bien

 

Médée rimée

 

 

ACTE I         

 Un square, ambiance tombée de nuit. Jason : seul, regarde son doigt.

Je n’ai fait qu’effleurer sa peau si  délicate.

Ce sentiment trop fort, je l’ai sur la patate.

Je  suis électrisé, et  tu me rendras compte

Misérable appendice ! En moi le niveau  monte

Et je vais déborder si je ne lui dis pas.

Combien je la désire ! Allons-y de ce pas !

Sa peau si lisse est tendre et j’en suis obsédé.

Toi seule peux m’aider, je te veux ô Médée !

Médée : entre et l’écoute.

Que veux-tu de Médée, que signifie ce ton ?

Serais-tu malheureux ? Explique-moi Jason !

Jason :

Ah bon tu étais là ! depuis hier, je m’obstine

A trouver un moyen... mais vraiment, ça patine.

Médée cela suffit, je te le dis, voilà :

Je t’aime à la folie et dans ce cinéma

J’ai craqué tout à fait.

Médée :

                                    Mon dieu que je suis bête !

J’aurais du m’en douter. Ne fais pas cette tête !

Jason :

C’était ça, c’était toi, c’était nous: je te veux !

Fais ta valise et viens, je t’emmène à Evreux !

Médée :

Et Babou qu’en fais-tu ? Tu connais mes soucis.

Jason

Je ne le sais que trop: nous en payons le prix.

Médée :

Si ma bouche a pour toi quelqu’attrait, la voilà !

Baise là si tu peux accourir jusqu’à moi !

Elle se sauve

Jason la poursuit

Jason pris à partie relève le défi

Et gagne à tous les coups : gare à toi !  me voici !

Ils passent plusieurs fois en se poursuivant.

Samila entre, les regarde et s’installe comme pour un film.

Médée la voit, poursuit sa sœur en la battant.

Samila :

Pourquoi me corriger, je n’ai rien fait de mal !

Il vous faut mieux cacher,  cesser ce carnaval,

Si vous ne voulez pas qu’on vous voit tous les deux,

Arrêter ce boucan qu’on entend à dix lieues.

Médée

Aide-moi gentiment au lieu de rigoler,:

A convaincre Babou de me laisser filer.

 

Samila :

Je l’ai vue tout à l’heure. En me tannant le cuir,

Elle a fait un marché qui va bien te ravir:

Pour se loger gratis, elle veut qu’on se mette

A vendre des sachets de poudre d’escampette.

Jason :

Médée tu dois quitter ce milieu de truands.

Je te prends un billet, viens vite je t’attends !

Médée :

Laisse-moi quelques jours et je serai à toi.

Oui si tu le veux bien, s’il te plaît, attends-moi.

Jason :

Si tu le veux si fort, alors je t’attendrai.

Jason sort

Samila :

Je ne crois pas Babou capable de laisser

Partir son gagne pain. Il faudrait autre chose

Pour la faire plier. Ce ne sera pas rose.

Médée :

C’est vrai, tu l’as bien dit et je vois tout en noir !

Samila :

Quand le vin est tiré, alors, il faut le boire.

Sirène de police. Médée sort. Fondu.

Samila :

Il m’est venu l’idée de délivrer Médée.

Il suffirait pour ça qu’un petit policier

Soit ici convoqué et que doucettement

Je lui glisse à l’oreille un bon renseignement...

Mais c’est ma mère alors que je donne aux poulets.

J’ai du mal à m’y faire. Je traîne un vrai boulet.

D’un côté y a ma soeur et son petit chéri,

De l’autre ma mother : je suis dans les ennuis.

Si de ces  deux galères je pouvais m’épargner

L’une aussi bien que l’autre et d’ici me tirer...

Elle sort. Fondu.

Même lieu, mais lumière plus forte. Babou pousse  un caddie.

Babou :

Ma main qu’avec respect toute la cité craint !

Ma main sur la figure au premier des crétins

Qui viendra dans la tête me chercher des poux !

Ma main qui de tout temps fait trembler les voyous ...

Un couple s’approche: ce sont des policiers en civil.

Et moi qui les fournis, moi qui les ravitaille !

Moi qui les ai nourries, me foutre sur la paille !

Le policier :

Madame montrez-nous le fond de ce caddie!

Babou :

Eh dis toi ! tu m’as vue, t’es vraiment con petit !

La policière :

Police! montre-nous, si tu tiens à ta peau !

Le policier :

Et pas de résistance ! On connaît le topo.

Babou :

Flicards je vous emmerde ! y va y avoir du sport

Et j’aime autant te dire : tu me tiens pas encore !

Elle tente une sortie, se fait maîtriser dans une scène de corrida avec le caddie.

 

Jason assiste à la fin de la scène. Médée entre.

Jason :

Ce que mon oeil a vu, Vraiment, je le crois pas !

Médée :

Qu’as-tu vu qui te rendes aveugle à ce point là ? (elle est très provoquante)

Jason :

Médée, j’ai vu ta mère et si je ne m’abuse ...

Médée :

Laisse-là pour demain. Allez, viens, qu’on s’amuse !

Jason :

Ecoute-moi, Médée : la police était là !

Médée :

Quoi la police ici ? Sûrement Samila ...

Jason :

Oui, c’est elle à coup sûr !

Médée :

Oh ma sœur qu’as-tu fait ?                          

Jason :

 Un cadeau. Prenons-le ! partons : le mal est fait !

Ils sortent en courant

 

ACTE II

Un laboratoire. Etagère et paillasse avec flacons et ordinateur. Créon écrit. La concierge entre.

La concierge :

Monsieur, on vous demande et c’est assez pressé.

Créon : 

Je n’y suis pour personne ! Elle sort. Il brandit un flacon de pilules bleues.

                                               Enfin je vais percer!

Voici ma créatone : elle n’a pas de prix !.

Cette pilule donne au plus méchant rats gris

La douceur d’un chaton. Il faudrait la tester.

Il en avale une et change du tout au tout. Nouvelle entrée de la concierge.

La concierge :

Ils insistent monsieur.

Créon : 

                                   Mais faites les entrer !

Jason, Médée portant un bébé entrent.

Créon : 

Quel bon vent vous amène, en cette fin d’été ?

Jason : 

Je suis votre étudiant ... enfin, je l’ai été.

J’aimerais travailler. Je sais presque tout faire.

Vous cherchez, m’a-t-on dit, un lot de volontaires

Créon : 

Vous tombez à propos, car je veux sans tarder

Essayer un produit, et surtout regarder

Ses effets chez l’humain ! ça marche sur les rats.

Vous ne serez pas seul. (à la concierge) Appelez Anita !

Médée :  brandissant un flacon de pilules rouges

A quoi sert ce produit ?

Créon :

                                   C’est un essai raté.

Surtout n’y touchez pas ! Un pauvre chat mité

L’a payé de sa vie. Entre Anita. Mais voici mon bras droit.

C’est ma fille, je vous laisse. Ces gens sont tous les trois

Engagés volontaires. Voici la créatone.

Prenez trois comprimés. Voyez ce que ça donne.

Il sort.

Anita : 

Je m’appelle Anita.

Jason :

                                   Moi, Jason et voici...

Médée :

Médée. Mais ce sera sans moi pour ce coup-ci.

J’ai trop peur de me voir transformée en grenouille,

Ou de changer soudain mon carrosse en citrouille.

Jason :

Que dis-tu ? c’est pour nous la fin de la galère,

Le confort mérité... Nous pourrons être fiers

D’avoir contribué à la belle invention

De cet adoucisseur. : c’est une bonne action ! ! !

Anita :

Pour la paix dans le monde, restez sans hésiter !

Médée : qui a encore en main les pilules rouges

Merci bien : j’ai trop peur des savants excités.

Elle sort avec son bébé.

Entrée de Créon.

Créon : entre avec un papier.

Je vous ai rapporté ce petit protocole

Que j’avais oublié : sans ça on extrapole...

Tiens vous voilà tout seul ? Où est votre famille ?

Anita :

Elle en a profité pour retirer ses billes !

Jason :

Ah Monsieur si Médée n’a pas voulu rester,

Pas voulu de pilule, refusant de tester,

C’est qu’elle avait, monsieur, les chocottes ouhlà là !

Mais s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là !

Créon :

C’est bien joli tout ça, mais j’aurais préféré

Que vous soyiez tous trois ... Mais tant pis ! Avalez !

Noir

Retour de lumière, ambiance peace and love : tous vautrés en tas.

La concierge : désigne Jason

La dame est revenue et voudrait voir monsieur.

Jason : dans les vapes et dans les bras d’Anita ...

Quelle dame, et pourquoi ? Notre temps est précieux...

Médée : entre furieuse

Assez de poireauter ! aperçoit Jason et Anita Eh ! le joli concert !

On a pris la pilule et ça c’est le dessert !

Créon :

Ah, vous décidément vous arrivez à point :

Votre colère aussi. Je vois que votre poing

Se lève pour frapper. Voyez cette pilule :

Avalez, vous verrez, vous prendrez du recul !

Médée shoote dans le flacon : pluie de pilules bleues. Elle sort vers la salle, le noir se fait sur scène.

Médée : en avant scène.

Mais que m’arrive-t-il ? Je n’aurais jamais cru

Qu’on se perde sitôt que l’on ne se voit plus.

Que je me perde ou non, je songe à me venger.

Voyons ce que répond la bergère au berger...

Quel plaisir de laver moi-même mon injure !

De retirer ce bras teint du sang du parjure !

Non : ce serait trop doux, il faut trouver la faille...

Une fête ! un dealer ! et voilà le travail !

elle téléphone

Allô ici Médée...  la fille de Babou.

J’organise une fête et j’ai besoin de vous.

Il me faut de la coke et des feux d’artifice.

Oui, je vous attendrai... au diable l’avarice !

 

ACTE III

 

Antichambre d’une salle décorée pour fiesta glauque. Musique techno en fond.

Médée se déguise (perruque et lunettes). Elle n’a plus l’enfant.

Arrivée du dealer.

 

Le dealer :

Je ne vous connais pas. De vous, je me méfie,

Mais le nom Babou sera ma garantie.

Elle est au trou depuis deux ans bientôt.

Celui qui l’a donnée, un jour j’aurai sa peau.

Médée :

M’avez vous apporté la bonne marchandise ?

J’en veux pour mon argent. Et pas des friandises !

 

Echange sournois.

Le dealer :

Attention à la dose ! C’est du surchoix vraiment,

N’en prenez qu’un chouia ! surtout les débutants...

Médée :

T’en fais pas mon coco : j’en ferai bon usage !

Ca va planer pour nous, et même davantage...

Le dealer s’en va. Médée verse la drogue dans un shaker, le secoue et entre dans la salle.

Musique, fondu. Jason sort, soutenant Anita.

Anita : le verre à la main

Ce cocktail était fort... je ne sens plus mes mains...

Et je ne te vois plus. Mon amour, à demain !

Elle meurt dans ses bras.

Jason :

Mais qu’as-tu tout à coup ? ... Je n’entends plus son cœur !

Au secours ! s’il vous plaît : appelez un docteur !

Créon arrive précipitamment, constate le décès de sa fille.

Créon :

Morte : je le vois bien et j’en pressens la cause.

Il flaire le contenu du verre

Cette odeur et ce goût : c’est bien d’une overdose.

Jason :

Tout ça est votre faute, oui c’est la créatone.

Un effet secondaire : voilà ce que ça donne !

Soyez fier à présent ! nous allons tous crever !

Verrons-nous seulement le matin se lever ?

Créon :

Oui, vous avez raison. Ah mon dieu qu’ai-je fait ?

J’ai tué mon enfant. Et pour un tel forfait

Il me faudra payer. Un effet secondaire...

J’aurais pu l’éviter si j’étais un bon père...

Silence de Jason prostré. Créon sort comme un somnambule.

Bruit off: cris d’horreur.

Retour de Médée. Elle attache Jason, enlève ses lunettes et sa perruque.

Jason :

C’était toi. Je sentais. Ton parfum, ton allure...

Qu’as-tu mis dans ce verre ?

Médée :

                                   cocaïne très pure !

Jason :

Et c’était quoi ce bruit ? Tous ces cris de putois...

Je n’aime pas ton air. Vas-y, dis le ! Dis moi !

Médée :

Le vieux qui s’est pendu : et son cou brisé net.

Il n’a pas supporté la mort de ta nénette.

La culpabilité ! On l’a bien décroché,

Mais il était trop tard. Il l’avait bien cherché.

Jason :

Mais pourquoi m’attacher ? Et qu’attends-tu de moi ?

Je ne suis qu’une épave et ne puis rien pour toi.

Médée : brandit le flacon de pilules rouges.

Te souviens-tu du chat ? Et tu possède encore

Une capacité : à regarder la mort

On souffre souvent plus qu’à l‘affronter soi-même,

Surtout si c’est la mort de quelqu’un que l’on aime !

 

Elle sort et réapparaît avec l’enfant dans ses bras. Elle le berce un moment, et puis elle va le jeter par la fenêtre. Horreur de Jason. Puis Médée avale une poignée de pilules rouges et s’assied. Noir.